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Victime d’un accident de la route : à quoi sert l’expertise médicale ?

Victime d’un accident de la route : à quoi sert l’expertise médicale ?

Publié le : 17/07/2026 17 juillet juil. 07 2026

Après un accident de la route, les conséquences peuvent être nombreuses et parfois durables.

Au-delà des dommages matériels, les victimes peuvent subir des blessures physiques, des troubles psychologiques, une perte de revenus ou encore des difficultés dans les actes de la vie quotidienne.

Afin d'évaluer précisément l'ensemble de ces préjudices et de garantir une indemnisation adaptée, l'expertise médicale constitue une étape essentielle du processus d'indemnisation.

Elle permet d'apprécier les conséquences de l'accident sur l'état de santé de la victime et d'identifier les différents postes de préjudice devant faire l'objet d'une réparation.
 

L'expertise amiable organisée par l'assureur


L'article 12 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, impose à l'assureur de présenter à la victime une offre d'indemnisation dans un délai maximal de huit mois à compter de l'accident.

Pour évaluer les préjudices subis, l'assureur mandate généralement un médecin-conseil chargé d'examiner la victime et de déterminer les conséquences médicales de l'accident.

À l'issue de cette évaluation, le médecin remet un rapport qui servira de base à l'assureur pour formuler son offre d'indemnisation.
 
  • L'importance d'être assisté lors de l'expertise amiable

La victime n'est pas tenue d'être accompagnée lors de l'expertise médicale et peut se présenter seule devant le médecin mandaté par l'assureur.

Toutefois, il est fortement recommandé de se faire assister afin de préserver au mieux ses intérêts.

La victime peut notamment être accompagnée par un avocat, qui veillera au respect de ses droits et s'assurera que les échanges portent sur les éléments pertinents pour l'évaluation de ses préjudices.

Elle peut également solliciter l'assistance d'un médecin-conseil de victimes.

Ce professionnel a pour mission d'assister la victime tout au long des opérations d'expertise médicale, d'identifier l'ensemble des préjudices subis et, le cas échéant, de discuter les conclusions retenues par le médecin mandaté par l'assureur.

En effet, le médecin-conseil désigné par l'assureur intervient dans le cadre de la mission qui lui est confiée par ce dernier.

Bien qu'il soit soumis aux règles déontologiques de sa profession, son appréciation peut différer de celle du médecin-conseil de victimes.

La présence de ce dernier permet ainsi d'instaurer un véritable débat médical contradictoire et de s'assurer que toutes les conséquences de l'accident sont pleinement prises en compte.
 
  • Est-il possible de contester une expertise amiable ?

Lorsqu'elle estime que le rapport d'expertise ne reflète pas fidèlement l'étendue de ses préjudices, la victime dispose de plusieurs recours :
 
  • Solliciter une contre-expertise amiable ;
  • Demander la mise en œuvre d'une expertise judiciaire.
Le choix entre ces solutions dépend des circonstances propres à chaque dossier et des désaccords existants avec l'assureur.
 

L'expertise judiciaire


La victime peut solliciter une expertise judiciaire sur le fondement de l'article 145 du Code de procédure civile.

Ordonnée par le juge des référés, cette mesure permet la désignation d'un expert judiciaire indépendant chargé d'évaluer les préjudices dans le respect du principe du contradictoire.

Tout au long de la procédure, les parties peuvent adresser à l'expert des observations, appelées « dires », ainsi que des questions auxquelles il devra répondre dans son rapport.

Une fois son rapport déposé, la victime pourra s'en prévaloir dans le cadre de ses démarches indemnitaires ou devant les juridictions compétentes.

Si le juge n'est jamais tenu de suivre intégralement les conclusions de l'expert judiciaire, celles-ci bénéficient, en pratique, d'une autorité particulière en raison du caractère indépendant de l'expertise judiciaire.
 

Expertise amiable ou expertise judiciaire : quelle procédure privilégier ?


Le choix entre une expertise amiable et une expertise judiciaire dépend de nombreux facteurs : la nature et l'importance des préjudices subis, les conclusions du médecin mandaté par l'assureur ainsi que le montant de l'offre d'indemnisation proposée.

Dans certains dossiers, l'offre formulée par l'assureur peut faire l'objet de discussions, notamment lorsque certains postes de préjudice apparaissent insuffisamment évalués ou n'ont pas été retenus.

Il n'est donc pas rare qu'une procédure judiciaire permette d'obtenir une indemnisation plus importante que celle initialement proposée.

À titre d'illustration, la Cour d'appel de Montpellier a retenu un taux de déficit fonctionnel permanent de 8 %, alors que celui-ci avait été fixé à 6 % dans le cadre de l'expertise médicale (CA Montpellier, 5e ch. civ., 14 mai 2024, n° 21/06333).

De même, la Cour d'appel de Paris a condamné un assureur au paiement des intérêts au double du taux légal pour ne pas avoir présenté une offre d'indemnisation conforme aux exigences de la loi Badinter (CA Paris, pôle 4, ch. 11, 21 nov. 2024, n° 23/01659).

L'expertise médicale constitue ainsi une étape déterminante dans l'évaluation et l'indemnisation des préjudices subis par la victime.

Une expertise médicale insuffisamment préparée ou menée sans accompagnement adapté peut avoir des conséquences importantes sur le montant de l'indemnisation obtenue.



C'est pourquoi le cabinet HUERTAS GIUDICE, exclusivement dédié à la défense des victimes de dommages corporels, vous accompagne à chaque étape de la procédure afin de garantir la pleine reconnaissance de vos préjudices et la défense de vos intérêts face aux assureurs.

 

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