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Accident de la route : quels sont les droits des proches de la victime ?

Accident de la route : quels sont les droits des proches de la victime ?

Publié le : 14/08/2026 14 août août 08 2026

Chaque année, les accidents de la route bouleversent la vie de milliers de familles. Au-delà du drame humain, les proches de la victime disposent de droits à indemnisation souvent méconnus.

Préjudice moral, pertes financières, frais engagés ou accompagnement juridique : la loi prévoit des mécanismes destinés à réparer les conséquences subies par les membres de la famille.
 

Qu’est-ce qu’une victime par ricochet ?


Les proches de la victime d’un accident de la route sont considérés par le droit comme de potentielles victimes par ricochet. Concrètement, ces personnes subissent un préjudice du fait de la survenance de l’accident affectant la victime principale.
 
  • Qui peut être une victime par ricochet ?

La notion de victime par ricochet est protéiforme. Ainsi, plusieurs personnes peuvent endosser ce rôle et devenir des victimes par ricochet.

Naturellement, les membres de la famille du défunt sont les premières victimes par ricochet lorsqu’un accident survient.

Néanmoins, les juridictions n’exigent pas de lien de droit entre la victime principale et la victime par ricochet (Cass., ch. mixte, 27 févr. 1970, n° 68-10.276).

La catégorie des victimes par ricochet vise donc, au sens large, toutes les personnes ayant pu être proches de la victime principale (concubin, amis…).
 
  • Comment démontrer sa qualité de victime par ricochet ?

La victime par ricochet devra démontrer qu’elle a subi un préjudice :
 
  • Direct ;
  • Certain ;
  • En lien avec le fait générateur, à savoir l’accident de la route.

Le lien affectif n’est ainsi pas pris en compte, à lui seul, pour indemniser la victime par ricochet. Toutefois, plus le lien entre la victime principale et la victime par ricochet est fort, plus l’indemnisation accordée sera importante.

Naturellement, les enfants ou le conjoint de la victime n’auront pas de grandes difficultés à démontrer qu’ils sont des victimes par ricochet.

Concernant les membres plus éloignés de la famille (oncles, cousins…) ou les amis de la victime, la démonstration des conditions ci-dessus sera plus complexe.

Il sera dès lors indispensable d’apporter des preuves de l’intensité du lien avec la victime, en produisant, par exemple, des photos, des échanges réguliers de SMS, etc.
 

Quels sont les préjudices indemnisables d’une victime par ricochet ?


Les préjudices indemnisables d’une victime par ricochet sont nombreux. Pourtant, en pratique, les offres d’indemnisation formulées par les assureurs peuvent parfois être insuffisantes, notamment lorsqu’elles reposent sur des référentiels internes ou sur une appréciation restrictive de certains postes de préjudice.

L’évaluation des préjudices de la victime par ricochet s’appuie sur la nomenclature Dintilhac. Bien qu’elle ne soit pas juridiquement contraignante, cette nomenclature constitue aujourd’hui le référentiel utilisé par les juridictions pour identifier les différents postes de préjudice indemnisables.

Elle distingue les préjudices patrimoniaux (ayant une incidence financière) et les préjudices extrapatrimoniaux (atteintes à la personne), tout en opérant une distinction selon que la victime directe a survécu à l’accident ou est décédée des suites de celui-ci.
 
  • Les préjudices en cas de décès de la victime directe

Lorsque la victime directe décède, les proches peuvent obtenir l’indemnisation de plusieurs postes de préjudice.

Sur le plan des préjudices patrimoniaux, ils peuvent notamment solliciter la réparation :
 
  • Des frais d’obsèques ;
  • Des frais divers directement liés au décès, lorsqu’ils sont justifiés ;
  • Du préjudice économique, correspondant à la perte du soutien financier que la victime apportait à ses proches.

À ces préjudices patrimoniaux s’ajoutent les préjudices extrapatrimoniaux, au premier rang desquels figure le préjudice d’affection, qui indemnise la souffrance morale éprouvée par les proches du fait du décès.
 
  • Les préjudices en cas de survie de la victime directe

Lorsque la victime directe survit à l’accident, les proches peuvent également obtenir réparation de leurs propres préjudices.

Ils peuvent notamment être indemnisés :
 
  • Du préjudice d’affection, lorsque les blessures ou le handicap de la victime directe entraînent une souffrance morale pour ses proches ;
  • Du préjudice économique, lorsque l’accident a des conséquences sur les ressources du foyer ;
  • Ainsi que, selon les circonstances, de certains frais divers exposés dans l’intérêt de la victime directe.
 

L’indemnisation des victimes par ricochet peut-elle être limitée ?


La loi Badinter du 5 juillet 1985 prévoit, dans son article 6, que les préjudices des tiers résultant des dommages causés à la victime directe sont réparés en tenant compte des limitations ou exclusions applicables à ces dommages.

Dès lors, si la victime est partiellement ou entièrement responsable dans la survenance de l’accident, l’indemnisation des préjudices des victimes par ricochet sera de facto impactée.

Les conséquences d’un accident de la route ne s’arrêtent pas à la victime directe.
Le Cabinet HUERTAS GIUDICE accompagne les conjoints, enfants, parents et proches avec une seule exigence : faire reconnaître chacun de leurs préjudices et défendre leurs droits avec rigueur, détermination et combativité.

Vous avez des questions sur vos droits ? Contactez-nous pour être accompagné et défendre vos intérêts.

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